Cartons rouges du Leem

01.06.18

Carton rouge

Carton rouge à Denis Saverot, directeur de la rédaction de la Revue du Vin de France


Quand la Revue du Vin de France souffre de delirium tremens


Denis Saverot, directeur de la rédaction de la Revue du Vin de France, aurait-il abusé de quelques grands crus bordelais ? A en lire son dernier édito du 29 mai 2018, la question mérite d’être posée.

Dans ce billet particulièrement véhément, Denis Saverot tire à boulets rouges sur l’industrie du médicament, responsable selon lui, de mener une croisade anti-vin pour protéger un marché lucratif.
Car c’est bien connu, « le vin est considéré comme un concurrent direct par l’industrie du médicament » (sic ou plutôt hic) ».

L’éditorialiste, visiblement inspiré par ce combat, nous livre un passage d’anthologie, en mettant sur le même plan le vin, un alcool en libre-accès, et les médicaments délivrés sur ordonnance pour traiter des pathologies : « tandis que la consommation de vin a baissé de de moitié depuis 1960, la consommation d’anxiolytiques et d’antidépresseurs a bondi de 0 à 80 millions de boîtes par an. La France, jadis pays de l’insouciance et des comptoirs, est aujourd’hui anesthésiée, placée sous perfusion de tranquillisants. Eh oui, au sein d’une large partie de la population, Lexomil et Prozac ont remplacé le vin et la fréquentation des cafés. »
Associer utilisation de tranquillisants et diminution de la consommation de vin, c’est visiblement la marotte de Denis Saverot, qui en mars 2008, nous offrait déjà cette analyse : « Sous l’égide de l’industrie pharmaceutique, les Français sont devenus les premiers consommateurs au monde de tranquillisants. Au détriment du vin, dont la consommation a été divisée par deux depuis 1960. Eh oui : si le vin est un produit culturel, c’est aussi le civilisé des anxiolytiques. Oui, le vin est le concurrent le élaboré et le élégant du Prozac. ! Et cela, l’industrie pharmaceutique ne peut le tolérer. »  Une diatribe minutieusement sourcée qui sent bon le zinc, l’apéro et le complot.

Rappelons au directeur de la rédaction de la Revue du Vin de France qu’avec leurs médicaments, les laboratoires pharmaceutiques « réparent » les conséquences de la consommation excessive d’alcool :  28.000 cas de cancers par an dont  les cancers de la bouche, du larynx et du pharynx, le cancer de l'œsophage, le cancer colorectal, et 15.000 décès… A l’instar de la consommation d’alcool, Denis Saverot devrait apprendre à manier sa plume avec modération.

 

A Que Choisir Santé pour sa liste de « médicaments dangereux qu’utiles » : un mélange des genres dangereux pour les patients.

Carton rouge du Leem

Le Leem a pris connaissance de la publication par le magazine Que choisir Santé de juillet-août d’une liste de 105 médicaments.

Cette liste entretient délibérément un mélange des genres car elle met sur le même plan des médicaments aux objectifs thérapeutiques et aux effets extrêmement différents.


Le Leem, qui représente l’ensemble des entreprises du médicament en France, est préoccupé par la gravité de ces allégations et par leurs effets potentiels auprès des lecteurs, pouvant conduire certains patients à arrêter de leur propre chef des traitements pourtant prescrits par des médecins en réponse aux maladies dont ils souffrent.

Les médicaments ne sont jamais des produits anodins. Ils comportent toujours une part de risque. Mais les produits listés par le magazine (comme tous les médicaments commercialisés) ont tous obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) de la part des autorités sanitaires européennes ou françaises, preuve que leur rapport bénéfices/risques a été jugé favorable, au terme d’une analyse longue et rigoureuse.

Les médicaments font partie des produits les contrôlés et les surveillés au monde. Ils ne bénéficient d’aucun passe-droit. Ils sont systématiquement réévalués en cas de problèmes de pharmacovigilance et les médecins sont alors systématiquement destinataires des informations de sécurité décidées par les autorités, afin d’ajuster leurs prescriptions.

Les alternatives thérapeutiques mises en cause par l’article sont essentielles, notamment pour pallier les résistances aux antibiotiques ou pour permettre aux patients d’éviter l’impasse thérapeutique en cas d’intolérance ou de contre-indication aux traitements de référence.

Outre le discrédit que la publication de ce dossier estival jette sur les laboratoires pharmaceutiques de façon très opportuniste et sans information nouvelle ni hiérarchisation des données, cette liste nourrit inutilement des craintes vis-à-vis des médicaments et de la défiance à l’égard des médecins qui prescrivent ces produits et des pharmaciens qui les délivrent.

Le bon usage du médicament est un sujet suffisamment sérieux pour ne pas entretenir la confusion. Carton rouge aux experts autoproclamés qui prétendent se substituer aux autorités de santé et mettent en jeu la sécurité des patients !

 

Au député Adrien Quatennens

Carton rouge du Leem
Lors de son intervention le 19 juillet 2017 en Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée nationale, le député de la France Insoumise est tombé dans les clichés les éculés en accusant la prétendue influence des laboratoires pharmaceutiques de pousser les Français à la consommation de médicaments.



En affirmant que la consommation de médicaments proviendrait « des stratégies commerciales des laboratoires pharmaceutiques», Adrien Quatennens use de raccourcis stupéfiants et d’arguments insidieux contre l’industrie pharmaceutique.

Remettons les choses au clair. Le médicament est l’un des secteurs industriels les drastiquement encadrés. Tous les liens de travail avec les professionnels de santé sont publiés sur un site public transparence.gouv. La loi Sapin II prévoit également que toutes les entreprises, dont celles du médicament, rendent public leurs interactions avec les décideurs publics. Le Leem est par ailleurs la première organisation professionnelle à avoir signé la Déclaration commune de Transparency International France sur le lobbying éthique et responsable en juillet 2015.

Quant à la consommation de médicaments en France, celle-ci a fortement diminué depuis les années 2000 en raison de la mise en place des mécanismes de maîtrise médicalisée. Selon une étude réalisée par l’association des laboratoires internationaux de recherche LIR (octobre 2014) sur la période 2000-2012, la France affiche, pour 7 classes thérapeutiques sur 8, un taux d’évolution parmi les faibles des pays étudiés (Allemagne, Belgique, Italie, France, Royaume-Uni, Espagne). Pour 4 classes de médicaments (antidépresseurs, anti-ulcéreux, hypolipémiants et antihypertenseurs), le taux d’évolution est le faible.

Contrairement à ce que prétend Adrien Quatennens, les industriels ne poussent pas à la consommation de médicaments. Bien au contraire. Les industriels ont mené et continuent de mener de nombreuses actions pour limiter la surconsommation de médicaments et favoriser leur bon usage. A titre d’exemple, le Leem a mis sur pied, en 2015, un programme triennal (2015 – 2017) ambitieux de lutte contre la iatrogénie médicamenteuse chez les personnes âgées en partenariat avec les professionnels de santé.