Communiqués de presse
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Lutte contre la iatrogénie médicamenteuse chez les seniors : le « Collectif Bon Usage » en action !

06.07.16
Pour la 1ère fois en France, un collectif associant tous les acteurs du médicament fait bouger les lignes sur une question de santé publique essentielle : la iatrogénie médicamenteuse des seniors.

86 % des de 75 ans prennent des médicaments une ou ieurs fois par jour, et ce depuis de 10 ans dans la moitié des cas (1). Or, 53,5 % d’entre eux en font une utilisation inappropriée (2) ce qui entraîne des troubles et des effets négatifs sur leur santé. C’est la « iatrogénie médicamenteuse ».Conséquence : 128 000 hospitalisations par an (3) alors qu’un grand nombre des accidents médicamenteux seraient évitables, jusqu’à 70 % selon certaines études (4).


En mai 2015, les entreprises du médicament se sont engagées auprès du gouvernement à lancer un vaste programme de lutte contre la iatrogénie médicamenteuse chez les personnes âgées. Une campagne de sensibilisation a alors été menée en juin 2015 pour attirer l’attention des patients et des professionnels de santé sur le bon usage des médicaments : « Les médicaments sont là pour vous aider mais… ils ont parfois du mal à vivre ensemble » pour le grand public et « Ayez le réflexe iatrogénie » pour les professionnels de santé. Un an après, les premiers résultats montrent l’efficacité de ce programme et l’ensemble des partenaires impliqués s’organisent et créent le « Collectif Bon Usage du médicament » pour mettre en œuvre un programme d’action 2016 particulièrement ambitieux.

1- Les premiers résultats : prise de conscience et changement de comportements

Une 1ère évaluation, qualitative

Elle concerne la campagne de communication réalisée en mai et juin 2015 - Étude qualitative menée par l’IFS (Institut Français des Seniors) par courrier, du 26 juin au 25 juillet 2015, auprès d’un échantillon de 1 500 personnes de de 62 ans.

Les résultats montrent un très fort intérêt des seniors pour ce sujet ainsi que leur volonté de changer de comportements. Plus de 80 % d’entre eux trouvent la campagne intéressante, 65 % la jugent utile, au point de souhaiter à 62 % conserver chez eux le guide encarté dans les magazines. Près des deux tiers disent avoir l’intention d’en parler à leur médecin traitant ou à leur pharmacien.

La campagne grand public a pleinement atteint son objectif. Elle a permis une réelle prise de conscience des seniors sur ce sujet de santé publique. En 2016, l’implication forte de l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament devrait permettre d’amplifier les changements de comportements de manière durable, alors qu’une seconde vague de la campagne est prévue fin juin.

Sur le terrain, les chiffres confirment la prise de conscience et les changements de comportements.

Une seconde évaluation, quantitative :

Le programme ayant débuté mi-2015, une évaluation quantitative a été lancée début 2016 pour comparer les chiffres du 2ème semestre 2015 à ceux du 2ème semestre 2014.

L’évaluation a été conduite par IMS, auprès des patients de de 65 ans, à partir de la base IMS LTD sur 2 types d’indicateurs : un indicateur global de consommation médicamenteuse et des indicateurs spécifiques d’associations médicamenteuses, choisis par des experts indépendants.

Les premiers résultats obtenus sont encourageants. Ils montrent :
- Une diminution des quantités prescrites chez les de 65 ans au 2ème semestre 2015, avec une économie réalisée de 74 M€ entre le second semestre 2015 et le second semestre 2014.
- Une amélioration de la qualité de la prescription, avec une diminution d’associations médicamenteuses potentiellement à risque. Ces résultats demandent à être confirmés par la prochaine vague d’évaluation, prévue en septembre 2016.

2- Les actions prévues pour 2016. Objectif : modifier les comportements

Après la mobilisation en 2015 : le changement des comportements en 2016. Pour cela, le « Collectif Bon Usage du Médicament » composé de médecins, de pharmaciens, d’infirmiers, de masseurs kinésithérapeutes, d’industriels, d’acteurs de la protection sociale et du service à la personne, d’éditeurs de bases de données et de logiciels d’aide à la prescription, s’est constitué pour poursuivre la lutte contre la iatrogénie médicamenteuse chez les personnes âgées et amplifier les modifications de comportements.

Continuer à mobiliser les seniors en multipliant le nombre d’acteurs du dispositif et les canaux de diffusion. Tous les membres du Collectif, qu’ils soient professionnels, institutionnels, associatifs ou privés, s’impliquent pour relayer les messages et les outils.

Sécuriser la prescription
Les éditeurs de bases de données et de logiciels, partenaires du Collectif, ont conçu et mis à disposition des médecins des outils spécifiques qui permettent de détecter l’ensemble des interactions médicamenteuses, quelle que soit leur source de prescription. Ils accompagnent la prescription médicale chez le sujet âgé en s’appuyant sur des référentiels de prescription validés.

Renforcer le conseil pharmaceutique
L’ensemble des représentations professionnelles des pharmaciens s’est mobilisé pour élaborer un plan d’actions et diffuser des outils pratiques auprès des officines.
Ils aident, notamment, le personnel de l’officine à détecter des signaux faibles pour lutter contre la iatrogénie à travers des outils de formation tels que l’e-learning.

Mieux collaborer entre médecins généralistes et pharmaciens d’officine
La collaboration entre professionnels de premier recours est un facteur essentiel de lutte contre la iatrogénie médicamenteuse. Une expérience pilote ambitieuse est actuellement en cours de déploiement en régions (Ile-de-France, Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône Alpes). Elle doit permettre de multiplier dès 2017 des réunions de collaborations de proximité entre médecins et pharmaciens de terrain.

Faire évoluer les pratiques des équipes de soins au sein des EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes)
Un travail collectif sur le médicament, au cours des commissions gériatriques et incluant le pharmacien, est essentiel à une bonne prise en charge des personnes âgées. Une expérimentation est en cours d’élaboration et sera déployée en septembre dans une vingtaine d’EHPAD de la région Grand Est.

Faciliter le recours à l’expertise gériatrique
Sera annoncée prochainement la création d’un Prix, destiné à faire émerger et soutenir un projet de télé-expertise permettant aux médecins et pharmaciens de terrain de recourir au conseil d’un gériatre expert.

Des outils en accès libre
Au-delà de leur utilisation par les membres du Collectif, l’ensemble des outils réalisés à destination du grand public et des professionnels de santé est mis à disposition en libre accès sur les sites :
leem.org (pour le public) et reflexeiatrogenie.com (pour les professionnels).


Le « Collectif du Bon Usage du médicament » : 16 partenaires actifs
• Les entreprises du médicament : LEEM
• Institutions de prévoyance : Klésia et Malakoff Médéric 
• Gestionnaires d’EHPAD : Korian
• Services à la personne : ADMR
• Représentants des pharmaciens : FSPF, USPO, CNGPO, UTIP
• Représentants des médecins : SFGG, CNPG, MG France, IRMG
• Ordre National des Infirmiers
• Ordre National des Masseurs Kinésithérapeutes
• Editeurs de données et de logiciels : Vidal et CompuGroup Medical (CGM)
 

 

(1) Sondage sur la « perception de la consommation de médicaments par les seniors » réalisé à la demande du Leem par l’Institut Français des Seniors : 3 173 personnes de de 50 ans interrogées entre le 23 et le 29 mars 2015.
(2) Etude paquid,
(3) Ministère des Affaires sociales et de la Santé
(4) (Pirmohamed M, James S, Meakin S, Green C, Scott AK, Walley TJ, et al. Adverse drug reactions as cause of admission to hospital : prospective analysis of 18 820 patients. BMJ 2004;329(7456):15-9.)