Communiqués de presse
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Le Leem demande un engagement fort des pouvoirs publics en faveur de l’emploi par des mesures économiques incitatives

03.11.16
Premiers résultats de l’enquête Emploi-Salaires 2015 des entreprises du médicament

A l’occasion du Comité stratégique de filière des industries et technologies de santé (1) qui s’est tenu aujourd’hui et dont le Leem est partie prenante, l’organisation professionnelle des entreprises du médicament publie en avant-première les chiffres de l’emploi du secteur. L’année 2015 marque un palier avec, pour la première fois depuis 2013, un arrêt de la diminution des effectifs. Avec 98 690 collaborateurs à fin 2015, soit une baisse limitée de 0,1 % par rapport à 2014, les entreprises du médicament sont parvenues à stabiliser l’érosion de leurs effectifs grâce à des mesures d’anticipation et d’accompagnement des métiers sur 2015. En effectif total, le secteur a perdu 120 emplois. Pour rappel, le recul de l’emploi enregistré en 2014 s’élevait à - 0,6% soit 640 emplois de moins qu’en 2013.

L’emploi se stabilise mais pour combien de temps ?

Si les effectifs des entreprises du médicament se stabilisent, des signes de fragilisation persistent.  Alourdissement de la fiscalité générale et sectorielle du médicament, perte d’attractivité industrielle de la France, ralentissement de l’accès des médicaments innovants au marché, concurrence grandissante des pays émergents et européens qui se traduit par un transfert d’activités de R&D, difficultés à capter les productions d’avenir dont la bio production. Autant de signaux d’alerte qui laissent craindre une nouvelle baisse des effectifs.

« Dans un environnement économique marqué par des mécanismes de régulation particulièrement contraignants, il est de en difficile pour nos entreprises de poursuivre la nécessaire transition de leur modèle économique, scientifique et industriel, tout en préservant leurs effectifs », alerte Michel Ginestet, président de la Commission des affaires sociales du Leem. Il y a urgence à mettre en œuvre des mesures sur la régulation, l'accès et la fiscalité qui permettent de maintenir une activité de premier plan en France et de développer l'emploi. »

Le Leem, à l’occasion du CSF Santé, souhaite alerter les pouvoirs publics sur la nécessité d’initier une politique industrielle volontariste pour maintenir les emplois d’un secteur identifié comme stratégique par le président de la République, le Premier ministre, et par ieurs rapports.
Le déploiement opérationnel de certaines des mesures-phares du dernier Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) a été confié au CSF Santé. Outil de pilotage industriel, le CSF Santé définit les priorités de la filière et identifie des actions concrètes qui visent à renforcer les capacités de production des entreprises du médicament et à améliorer l’attractivité de la France dans le domaine de l’innovation thérapeutique.

Face au risque d’une nouvelle détérioration de l’emploi dans les années à venir, le CSF Santé doit désormais devenir le front de défense de l’emploi. Le Leem demande en conséquence à ce que le ministère du Travail intègre le CSF Santé au même titre que les trois autres ministères déjà présents (ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ministère des Affaires sociales, de la Santé et du Droit des Femmes, ministère de l’Economie et des Finances). Ce n’est qu’en renforçant le dialogue Etat-industrie que la France retrouvera son leadership dans les champs de l’innovation et de la production des médicaments.

Une filière stratégique qui recrute

Malgré un contexte marqué par une fragilisation globale du tissu productif français, les entreprises du médicament ont su contenir la dégradation de leurs effectifs au travers de différentes mesures :

- Une politique de recrutement dynamique. Près de 10 000 recrutements ont été réalisés en 2015 (tout type de contrats confondus). Parmi ces 10 000 entrées dans le secteur, 3 343 recrutements ont été réalisés en CDI et 3 056 en CDD.
- Une réforme structurelle des métiers de la visite médicale. Inscrite dans une mutation profonde de son exercice, cette activité très encadrée a connu ces dernières années une baisse significative de ses effectifs. 11 500 emplois ont été supprimés entre 2004 et 2015. Ils étaient 23 800 en 2004. Ils ne sont que 12 300 en 2015.
- Une externalisation de la production vers des sous-traitants spécialisés pour soutenir les activités de production en France.
- Un développement soutenu de la formation en alternance, avec 2 617 contrats signés en 2015.
- Des engagements forts en faveur de l’emploi des jeunes au travers de l’accord collectif « contrat de génération » du 03/07/2013 notamment à travers l’organisation de forums Alternants Industrie de Santé qui mettent en relation jeunes diplômés et recruteurs dans les différentes régions.
- Une dynamique de recrutement des seniors. Ils représentent près de 10,3 % des recrutements du secteur en 2014, contre 8 % en 2013.
- La poursuite d’une politique d’intégration des salariés en situation de handicap à travers HandiEm (mission handicap de la branche) qui a permis de passer d’un taux global d’emploi de personnes en situation de handicap de 1,69% à 3,46% de 2009 à 2015. Par ailleurs, 993 contrats de travail ont été signés avec des collaborateurs en situation de handicap.

Ces actions sont autant de preuves tangibles de la volonté de l’industrie du médicament d’accompagner ses salariés dans l’évolution de leurs métiers. Ces efforts ne doivent pas rester vains. Le Leem appelle les pouvoirs publics à la mise en œuvre d’une réforme structurelle pour renouer durablement avec une croissance forte, génératrice d'emplois pérennes.


« Notre secteur est parvenu, temporairement, à enrayer la dégradation de ses effectifs. Les premiers résultats publiés aujourd’hui, qui font état d’une stabilité de l’emploi en 2015, témoignent du volontarisme de notre branche à assumer seule sa mutation, analyse Patrick Errard, président du Leem. Mais cette stabilité est fragile car intrinsèquement dépendante du retour à une politique industrielle attractive. Les pouvoirs publics sont désormais clairement placés devant leurs responsabilités : selon les impulsions qu’ils donneront en matière de politique industrielle et de régulation, ils décideront de la place que tiendra demain notre pays dans l’économie mondiale de la recherche, de l’intelligence et de la santé.»

(1) Le CSF Santé réunit les entreprises du médicament humain et vétérinaire, du dispositif médical, du diagnostic médical, de la biotechnologie et de la e-santé, ainsi que les syndicats de salariés et les organismes professionnels concernés.