Actualités
 - 

La dépression est-elle vraiment bien prise en charge ?

06.04.17
Le 7 avril 2017,  la Journée mondiale de la santé a pour thème la dépression.

La dépression est une affection fréquente : elle toucherait le tiers de la population française (1) au moins une fois dans sa vie.
Cette maladie, difficile à identifier et dont l’intensité est souvent sous-estimée, représente un défi majeur de santé publique que les industriels tentent de relever au fur et à mesure des avancées enregistrées dans le domaine des neurosciences.


Etats des lieux :
- La dépression peut s’installer sournoisement à la suite d’un épisode dépressif (2) et devenir chronique : près de 60% des patients (3) ayant traversé un premier épisode risquent d’en vivre un second. Les personnes qui ont vécu deux épisodes ont sept chances sur dix d’en connaître un troisième. Celles qui en ont connu trois risquent dans 90% des cas d’en traverser un quatrième. Les femmes sont deux fois souvent concernées que les hommes.
- La dépression est la première cause de suicide : près de 70% des personnes (4) qui décèdent par suicide souffraient d’une dépression, le souvent non diagnostiquée ou non traitée.
- Une vingtaine de molécules permettent actuellement de prendre en charge la dépression, les dernières générations d’antidépresseurs présentant nettement moins d’effets secondaires désagréables.

Enjeux :
- En 2020, la dépression sera devenue la première cause mondiale d’invalidité, après les maladies cardiovasculaires, tous âges et sexes confondus, selon des projections de l’OMS. Aujourd’hui, elle représente déjà la deuxième cause d’invalidité dans le monde pour les 15 – 44 ans.
- La dépression est une maladie complexe qui fait intervenir de très nombreux facteurs génétiques, environnementaux, hormonaux. Elle se traduit par des altérations dans ieurs régions cérébrales (notamment l’hippocampe).
- Les acquisitions récentes dans les domaines des neurosciences devraient déboucher sur une compréhension de en fine sur la dépression, permettant ainsi de mieux connaître les cibles neurobiologiques privilégiées d’un traitement et de concevoir des thérapies adaptées à chaque cas individuel.
 

Que font les industriels ?
- Ils développent 29 nouvelles molécules (5) contre la dépression, dont 6 en phase III, et 14 en phase II.
- Ils mettent à la disposition des patients des antidépresseurs efficaces, dont les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (SSRI) qui sont les utilisés aujourd’hui. Leur efficacité est encore meilleure s’ils sont associés à des thérapies cognitivo-comportementales ou d’inspiration psychanalytique.
- Ils cherchent à concevoir de nouveaux antidépresseurs (6) en associant dans une même molécule la capacité de bloquer tel ou tel récepteur de la sérotonine et celle d’inhiber sa recapture.

(1) Rapport OMS 2010
(2) Dominique Barbier. « La Dépression » Odile Jacob. 2009
(3) Dominique Barbier. Ibid. cité
(4) « Psychopathologies et neurosciences », de Salvatore Campanelle. 2008. De Boeck Editeur.
(5) PhRMA. Medicines in Development for Mental Health. Rapport 2014
(6) Medecine Science. Michel Hamon. “La sérotonine : un rôle complexe dans la dépression et le remodelage osseux », Med Sci (Paris) 26 8-9 (2010 671-672