Communiqués de presse
 - 

Organiser la lutte contre les résistances aux agents anti-infectieux : un défi planétaire

16.05.18
Les Rencontres avec les Délégations des pays francophones 2018, organisées par le Leem en partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), aborderont un thème majeur de santé publique : combattre et prévenir les résistances aux agents anti-infectieux.

Une vingtaine de ministres de la Santé de pays francophones et près de 200 participants sont attendus pour cet événement qui prendra pour son vingtième anniversaire, une dimension particulière.

Cette manifestation se déroulera le 20 mai à Genève, en amont de la 71ème édition de l’Assemblée Mondiale de la Santé.

Sur 58,8 millions de décès par an dans le monde, près de 15 millions sont dus aux maladies infectieuses. Ce fardeau risque encore de s’alourdir avec la montée de la résistance aux anti-infectieux (antibiorésistance, résistance aux antipaludéens, aux antirétroviraux …), puisque près de 700 000 décès par an sont déjà aujourd’hui liés à l’antibiorésistance (source : revue de l’antibiorésistance, 2016).

L’alerte est donnée

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié en février 2017 une liste de 12 familles de bactéries contre lesquelles elle juge urgent de développer de nouveaux antibiotiques, en raison des risques que font peser leurs résistances aux traitements actuels. Si la communauté internationale ne se mobilise pas, les bactéries résistantes pourraient tuer jusqu'à 10 millions de personnes par an d'ici 2050 (étude KPMG, 2016).

Pour le paludisme (500 millions de cas observés chaque année selon l’OMS), l’émergence de souches résistantes aux antipaludiques dans certains pays est très préoccupante. Si cette résistance se propageait, elle risquerait de ruiner les efforts mondiaux de lutte contre cette maladie entrepris avec succès ces dernières années.

Concernant les antirétroviraux, malgré une augmentation de 10 ans de l’espérance de vie des personnes séropositives depuis l’introduction des trithérapies en 1996, le VIH démontre d’incroyables capacités d’adaptation, échappant régulièrement aux diverses tentatives pour l’éradiquer.


La nécessité d’une mobilisation internationale

Le sujet des résistances aux agents anti-infectieux est à l’agenda des décideurs politiques au niveau international. La déclaration finale de la réunion du G20 de juin 2017 à Hambourg a insisté sur l’importance du bon usage des médicaments anti-infectieux, sur la nécessité de développer des initiatives harmonisées et cohérentes à l’échelle internationale, et de renforcer les investissements en Recherche et Développement.

Pour partager les expertises et dégager des solutions communes, de nombreux ministres et experts très engagés dans cette cause interviendront autour de deux tables rondes.

Le Docteur Jean CARLET, président de l’Alliance mondiale contre le développement des bactéries multirésistantes, Monsieur Alassane SEIDOU, ministre de la Santé du Bénin et Monsieur André MAMA FOUDA, ministre de la Santé publique du Cameroun, le Docteur Tim EVANS, directeur Santé, Nutrition et Population de la Banque Mondiale, et Monsieur Alexandre MERIEUX, président directeur général de BioMérieux, interviendront au cours de la première table ronde consacrée au bon usage du médicament. Nous aurons ensuite le plaisir d’accueillir le Docteur Raymonde GOUDOU COFFIE, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique de Côte d’Ivoire, Madame NGUYEN Thi Kim Tiên, ministre de la Santé du Vietnam, Monsieur Thomas CUENI, directeur général de l’IFPMA, et le Docteur Jean-Yves MADEC, directeur de recherches à l’ANSES, pour la deuxième table ronde consacrée au bon usage du médicament et aux moyens de luttes contre les résistances des agents anti-infectieux.

Le Docteur Tedros ADHANOM GHEBREYESUS, directeur général de l’OMS, Madame Agnès BUZYN, ministre des Solidarités et de la Santé de France, et Son Excellence Michaëlle JEAN, secrétaire générale de l’OIF apporteront leur éclairage en clôture de cette manifestation.

De nouvelles voies thérapeutiques… de nouveaux modèles

Des industriels se sont unis depuis 2012 au sein de l’Initiative médicaments innovants (IMI) autour d’un programme de recherche, New Drugs 4 Bad Bugs, consacrant 223 millions d’€ pour accélérer le développement clinique d’antibiotiques contre les bactéries résistantes prioritaires, au travers de deux projets : Combacte (Combattre les résistances bactériennes en Europe) et Translocation, contre les entérobactéries.  Une vingtaine de laboratoires français sont actifs dans le domaine des antibiotiques : 43 molécules sont actuellement en développement.

La découverte et la mise sur le marché de nouveaux médicaments est certainement une solution qui permettra de faire face à l’émergence de ces résistances. Face aux coûts importants du développement de nouvelles solutions thérapeutiques contre les maladies infectieuses, un développement croissant des coopérations publiques/privées est nécessaire.